Toujours en collaboration avec la faculté des sciences d’Abidjan, mais aussi avec la Société Ivoirienne de Raffinage (filiale partielle de TOTAL), nous nous intéressons à la dispersion des hydrocarbures entraînés par les eaux de rejet des installations pétrolières, notamment les raffineries. C’est le cas par exemple dans la lagune Ebrié, vaste réserve halieutique proche d’Abidjan. Les eaux de rejet de ces installations sont traitées en station d’épuration afin d’éliminer les galets d’huile lourde, et plus généralement tous les hydrocarbures formant une phase non miscible à l’eau. Il ne reste donc à la sortie que les hydrocarbures dissous. On a montré que les quantités d’hydrocarbures dispersés à l’état dissous sont beaucoup plus nombreux que la théorie ne permet de l’anticiper car les éléments lourds du pétrole brut peuvent être micellisés par les aromatiques légers tels le toluène, et ainsi entraînés alors qu’ils sont théoriquement insolubles. Le suivi de ces eaux de rejet montre que dans les heures et les jours qui suivent, ce sont des bactéries naturellement présentes dans l’eau de la lagune qui finissent par dégrader les micro-micelles et les éliminer. Un article va sortir en 2010 dans EJRS.
